25 mars 2018 ~ 0 Commentaire

La riche histoire de Portivy

  • Le port de Portivy sous le soleil : un paysage qui vaut bien un deuxième coup d'oeil !
    Le port de Portivy sous le soleil : un paysage qui vaut bien un deuxième coup d’oeil !
    Le 13 octobre dernier, nous avions déjà consacré une page à Portivy. Mais ce village de Saint-Pierre Quiberon mérite assurément que l’on y revienne. L’histoire du lieu est tellement riche que le choix des sujets était très vaste. On aurait pu évoquer l’invasion des Vikings vers 850, le duc de Bretagne Hoël qui donna Loc Deugwi au monastère de Groix en 1845, l’apparition de la Vierge Marie à une jeune bergère de Kerhostin, qui permettra la reconstruction de la chapelle et la création du pardon… Mais notre choix s’est porté sur une époque bien plus récente, à l’exception du paragraphe sur les fameux « Hommes de Teviec ». Les premiers hommes de la presqu’île se seraient installé à Portivy ? Une évidence pour bien des Portivyens !

    Lechat Marée. Une page se tourne

    Jules Lechat, répartiteur de pêche à Lorient à la fin de la Seconde Guerre mondiale, s’était reconverti à la création des criées et du fait de la reprise des filières. « Mon grand-père a donc acheté les bâtiments, explique Dominique Lechat. Mais il travaillait en même temps à Étel ». Les locaux sont à l’époque dans un triste état. Une usine de sardines s’y est installée après le départ de l’usine de chaussons tenue par M. et Mme Pabon. Jules Lechat fera donc des travaux et créera des viviers. « Cela restera tout de même très vétuste », souligne Dominique Lechat. Et il ajoute avec humour : « Mon grand-père achetait trois ou quatre camions pour en faire un. Sa boîte à outil lui servait de siège conducteur. L’usine ne se modernisera que lorsque mon père la reprendra, en 1963 ». Pierre et Marie-Thérèse entreprendront alors de gros travaux. Un pylône sera réalisé au niveau des viviers qui étaient encore dans le port, au niveau de l’actuel parking de la cale Est. Mais au début des années 1970, pour éviter les trop nombreux vols, le choix de créer des viviers à l’intérieur s’imposa. « Il faudra faire creuser un puit dans la cour de l’usine pour pouvoir s’alimenter en eau de mer, explique Dominique Lechat. Ce ne sera pas une partie de plaisir. Il faudra aller jusqu’à 13 m dans des conditions difficiles ».
  • Un chat noir bien connu

    C’est également Pierre qui est à l’origine du fameux logo, devenu si emblématique à Portivy. Il y a, en fait, deux logos. La version avec le chat noir qui tient dans sa gueule un poisson, et celle où il tient un homard. « J’avais mis ce logo également sur mon magasin de Lorient, ajoute Dominique Lechat. Il était connu de tous. Par contre, le homard et la langouste, qui ont également fait les beaux jours de la déco des viviers, tiennent aujourd’hui compagnie à mes chiens dans le chenil ! ». C’est en 1978 que Dominique rachète l’entreprise : « Avec ma femme, on a développé la vente au détail. Nous étions encore un lieu de vie important du port. Des pêcheurs, mais aussi des campeurs, venaient chercher de la glace. C’était aussi une attraction ». Dominique a dû faire face à l’évolution des réglementations et a eu à son tour à faire de gros investissements pour mettre les viviers portivyens aux normes européennes, en 1998. L’équilibre se fera entre Portivy et Lorient pour l’entreprise Lechat Marée. Nicolas devient même la quatrième génération à servir la clientèle sur le port ! « Il était de plus en plus évident qu’ouvrir Portivy en dehors de l’été n’était pas rentable. Mais Portivy et Lorient étaient liés. D’importants impayés et la possibilité pour nos clients d’acheter en direct nous ont été fatal. Les banques ne nous ont plus suivis. Les viviers sont en vente depuis 2016 ».

    De l’abricotier à l’APP Portivy

    L’Association des pêcheurs plaisanciers de Portivy, l’APPP, date de 1999. Avant, l’abricotier de Portivy réunissait déjà les usagers du port. L’association avait vu le jour à l’initiative de Paul Puron au moment où la municipalité avait entrepris de gros travaux de rénovation. « Jean-Michel Kervadec était maire, explique Paul Puron. La municipalité souhaitait reprendre en main la gestion du port et réorganiser les mouillages. Le projet était de mettre les gros bateaux devant et les petits derrière. Nous voulions être entendus en temps qu’usagers. Grâce à l’abricotier, le droit d’antériorité sur les places a été maintenu. Une chance, car les petits bateaux en bois peuvent être à côté de plus grosses unités modernes. Ce placement où prime l’ancienneté, contribue au charme du port ». Il évoque le travail réalisé par Jo Le Bourges, alors élu, et qui s’est beaucoup investi dans ce dossier. Ce n’est pas sans un petit sourire qu’il se rappelle du grand nettoyage qu’il a fallu faire avant la mise en place des chaînes : « Jusque-là, chacun se débrouillait pour mettre son corps-mort. La mairie a retiré des tas de pneu cimenté, des parpaings lestés, même des rails de chemins de fer. Deux obus de mortier ont aussi été mis à jour. M. Bertelo, des Affaires maritimes, avait réalisé un plan pour l’implantation des chaînes sur lesquelles chacun devrait désormais venir installer son matériel. Francis Pencalet avait mis les numéros sur les supports en acier inoxydable ». Paul Puron se souvient d’une bonne collaboration de tous pour voir aboutir ce gros chantier de réorganisation. Les plans initiaux ont même été modifiés pour pouvoir rajouter quelques mouillages supplémentaires. Depuis ce moment, l’abricotier n’a cessé d’être un interlocuteur privilégié pour la municipalité. Elle a siégé aux conseils portuaires et a été très active pour réaliser de nombreux aménagements comme les toilettes, les parkings. En 1998, l’association compte alors 55 adhérents. Le président est alors Claude Nevoux, Paul Puron trésorier, mais il sera nommé président d’honneur. Le changement de nom est motivé par la décision d’adhérer à la Fédération nationale des pêcheurs, la seule qui a un pouvoir face aux directives de Bruxelles. Les inquiétudes sont grandes à Portivy avec le classement en zone Natura 2000 d’une partie des lieux de pêche des adhérents. L’abricotier devient l’APP Portivy l’année suivante. Aujourd’hui, elle compte une centaine d’adhérents et a comme président Tugdual Colin.
    Les hommes de Teviec. Toujours des énigmes

    Téviec était, il y a 7.400 ans, une colline en bord de mer, qui dominait des marais littoraux. À l’issue de la remontée des océans, c’est devenu l’îlot que l’on connaît maintenant. Des occupants du Mésolithique (9700 à 5300 avant notre ère) y avaient implanté un vaste habitat en contrebas d’un promontoire granitique. Des fouilles y ont été menées de 1928 à 1930 par Marthe et Saint-Just Péquart. Au cours de ces dernières années, tous les restes exhumés ont fait l’objet de nouvelles analyses. Grégor Marchand, chercheur du CNRS à Archéosciences, à Rennes, travaille sur ce dossier très important pour la connaissance du mode de vie de nos lointains ancêtres. À cause du sol acide, peu de traces ont pu être retrouvées en Bretagne. Mais à Teviec, grâce au carbonate des coquillages, le sol était beaucoup plus propice à conserver des traces. Les fouilles ont permis d’exhumer dix sépultures (23 individus) regroupées dans un espace restreint d’environ 50 m², au coeur même des foyers domestiques. L’hypothèse de populations nomades est privilégiée. Si la nature de traces observées sur les crânes de deux sellettes avait animé les débats et fait parler de « massacre », aujourd’hui, les avis divergent sur l’origine de ces impacts. Certains archéologues se veulent prudents en avançant que ces traces peuvent venir du poids de la terre au-dessus de la sépulture. Les avancées scientifiques en matière d’ADN ancien progressant, Gregor Marchand espère aussi connaître les éventuels liens de parenté entre ces gens.
    Borne du Guernic. Aux mères américaines

    Beaucoup de visiteurs passent devant ce monument, au Fozo, sans connaître sa signification. En ce centenaire de l’Armistice de la Grande Guerre, la borne de Terre sacrée du Guernic est pourtant un symbole fort de l’amitié franco-américaine. La première borne de Terre sacrée avait été inaugurée en France, aux lnvalides, le 12 décembre 1929. Une réplique de cette borne avait précédemment été érigée au cimetière d’Arlington de Washington. Une borne de Terre sacrée fut installée en 1931 sur l’îlot du Guernic, spécialement dédiée « aux mères américaines, en mémoire de leurs vaillants fils ». À l’origine de ces oeuvres, il y avait la volonté de Gaston Deblaize, combattant de la Grande Guerre qui avait mis son talent de sculpteur pour honorer le souvenir de ses compagnons. C’est après l’installation en 1932, à Meures, d’une nouvelle borne, qu’il associera le cérémonial à la cérémonie du blé poussé sur les terres meurtries des champs de bataille. La borne du Fozo est une réplique inaugurée en août 1997. Les difficultés pour se rendre sur l’îlot du Guernic ont amené les autorités à privilégier ce lieu pour les cérémonies. Le terrain du mémorial avait été offert par Don L. Demorest, un Franco-Américain qui avait fait partie de l’escadrille La Fayette. La borne sur l’îlot du Guernic avait été détruite par un tir d’artillerie allemand en 1942. Il faudra attendre 1964 pour qu’une partie soit reconstruite. En 2014, grâce à un hélicoptère, une nouvelle borne a pris place.
  • C’est en 1875 que le conseil municipal décida la construction d’un brise-lames. Finalement, le port de Portivy date de 1880, il est construit sur une ancienne chaussée. Orientée au sud-ouest, la digue ne protège pas parfaitement des vents d’ouest et de la houle. En 1904, la digue avait déjà été en partie détruite. Il fallut attendre 1961 pour que le môle soit rallongé d’une vingtaine de mètres. Avec ses cales qui autorisent les mises à l’eau, même par forts coefficients de marée.

    Article du : Le Télégramme 

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