07 février 2018 ~ 0 Commentaire

Qualité de l’eau en Bretagne : une lente reconquête

A Plonevez-Porzay, en marge d'une manifestation en septembre 2010 à l'appel d'associations de défense de l'environnement pour protester contre les marées d'algues vertes qui prolifèrent chaque été sur les côtes bretonnes.

L’agriculture, en grande partie responsable de la pollution aux nitrates dans la région, a amélioré ses pratiques depuis vingt ans.

Extrait de l’article de Nicolas Legendre – Le monde 05-02-18

« Notre objectif est d’éradiquer les algues vertes. » Ainsi s’est exprimé Thierry Burlot, vice-président du conseil régional de Bretagne chargé de l’environnement, le 24 janvier, à Bruz (Ille-et-Vilaine). Ce jour-là, l’élu socialiste entérinait un nouveau plan de lutte contre la prolifération des fameuses algues. Un phénomène qui ne concernerait, selon les autorités, « que » 5 % du littoral breton, mais qui symbolise une problématique devenue majeure : la dégradation de la qualité de l’eau dans la région.

Il y a encore vingt ans, le volontarisme affiché par M. Burlot aurait pu susciter des sarcasmes. La bataille pour la protection des milieux aquatiques n’en était qu’à ses prémices. L’altération de certains écosystèmes était telle que leur « remise en état » paraissait chimérique. Mais, depuis quelques années, une partie des actions engagées semble porter ses fruits. Différents signaux témoignent d’une tendance – lente mais continue – à l’amélioration. Les institutions chargées de cette question n’hésitent pas à affirmer que la Bretagne fait désormais figure de pionnière en la matière, à l’échelle française et européenne.

Algues vertes en diminution

Dans les années 1990, la proportion de masses d’eau bretonnes jugées « en bon état » – au sens de la définition européenne – ne dépassait pas 10 %. Elle a presque été multipliée par quatre en vingt ans. En 1995, le taux moyen de nitrates dans les cours d’eau bretons atteignait 51,6 milligrammes par litre. Supérieur donc au seuil de 50 mg fixé par la Commission européenne. Or, selon celle-ci, un dépassement de ce niveau « peut avoir des répercussions considérables sur la santé des populations ». En 2015, cette moyenne n’atteignait plus que 33,6 mg par litre. Un certain nombre de bassins versants dépassent encore la norme, mais d’autres ont vu leur situation s’améliorer, ce qui a permis de mettre un terme au contentieux entre Bruxelles et la France à ce sujet.

Casse-tête
La quantité d’algues vertes ramassées chaque année, après avoir connu un pic à la fin des années 2000, a également tendance à décroître – mais lentement, là encore, et de façon très irrégulière.
Cet infléchissement a nécessité de lourds efforts. L’activisme d’associations – au premier rang desquelles Eau et rivières de Bretagne –, ainsi que les alertes répétées des experts, notamment du Conseil scientifique de l’environnement de Bretagne, se sont longtemps heurtés au mur de la  » raison économique  » que leur opposent encore les acteurs publics, industriels et agricoles.  » L’évolution actuelle est à mettre d’abord au crédit d’acteurs associatifs qui se sont battus contre tout le monde ! « , rappelle Gilles Huet, délégué général d’Eau et rivières.
Les pouvoirs publics ont dû, de leur côté, composer avec un véritable casse-tête : les causes de la détérioration des masses d’eau peuvent concerner, pour une même rivière ou une même nappe phréatique, plusieurs territoires, de multiples niveaux de responsabilités et autant d’intérêts divergents. Là encore, la situation semble progresser. A ce jour, la Bretagne est la seule région de France dont l’intégralité des bassins versants est couverte par des schémas d’aménagement et de gestion des eaux. En 2017, le conseil régional a obtenu la compétence eau, comme le lui permet la loi depuis 2015. Ce cas de figure, qui demeure unique en
France, doit permettre de mieux coordonner les actions. La région prévoit de se doter d’un  » parlement de l’eau  » qui réunirait tous les acteurs concernés, ainsi que d’un guichet unique dédié à ce sujet.

Info journal Le Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/02/05/qualite-de-l-eau-en-bretagne-une-lente-reconquete_5251930_3244.html#16brK8X7Zit87LJR.99

 

ENVIRONNEMENT-MER-ALGUES-AGRICULTURE-MANIFESTATION

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